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Les relations humaines sur le web : ...100% virtuelles ?!

Ce petit texte pour poser sur une page html le fruit d'une réflexion -sans prétention- basée sur mon expérience du virtuel. S'agissant d'un brouillon, des modifications sont à prévoir.

Au cours des années précédentes, j'ai eu l'occasion de constater qu'on était tout de même assez nombreux à tisser des liens sur la toile ! Et qu'il n'est pas rare d'avoir des amis présents physiquement dans notre vie et d'autres présents uniquement ... sur notre compte MSN :) Parfois même, ces liens 'virtuels' se révèlent être un véritable substitut à une vie sociale (IRL) telle qu'on peut se l'imaginer, composée de rencontres, de relations amoureuses ou d'amitiés en "chair et en os".

Est-ce que les échanges qu’on expérimente virtuellement seraient plus intenses que dans notre existence de tous les jours ? Est-ce que ces liens tissés sur la toile portent une vraie charge humaine ? Est-on autant attiré par le virtuel parce qu'on ne se sent pas réellement tenu de nous engager dans une fréquentation en ligne ? Eprouver des sentiments pour un contact MSN ...c'est du lol en barre ?

Je lisais récemment que lorsque qu'un lien se noue et s’épanouit sur la toile, il se place dans un contexte constitué de leviers et de freins qui vont affecter le devenir et l’épanouissement d'une rencontre. Pour détailler ce contexte, je vais prendre un exemple :

Quand on lit la lettre qu’un(e) ami(e) vient de nous écrire. On se représente la manière qu'aurait cette personne d'exprimer le contenu si il/elle était face à nous. On se remémore ses traits, ses expressions et sa gestuelle qui lui sont caractéristiques. Mais quand on a affaire à un interlocuteur dont on ne connait pas les détails, nous n’avons pas la possibilité de solliciter tous ces éléments familiers. On se fait seulement une idée de la tonalité et des expressions qui pourraient coller à ce que nous saisissons du contenu du mail. Un volume important de données nous reste totalement inaccessible lorsqu’on commence à échanger des mails avec une personne récemment croisée sur un forum de discussions, FaceBook, un tchat ou autre. Le fait de ne pas disposer de toutes les informations pour saisir pleinement le contexte nous pousse à créer des éléments pour remplir les blancs. L’insuffisance d’indices nous encourage à imaginer ce qui nous est encore inaccessible.. C’est notre faculté de représentation qui entre ainsi en jeu.

Le truc, c'est que dans de pareils cas, quand on se fonde sur notre représentation comme première source d’informations, ce que nous nous représentons reflète prioritairement nos peurs, nos espérances, nos idéaux, nos frustrations et nos souhaits plus ou moins enfouis. Au final, on se représente ce qui correspond à nos désirs essentiels, soit en les satisfaisant par les artifices de l’imagination, soit en leur créant des censures insurmontables rendant impossible leur réalisation.

J'ai dressé ci-dessous une espèce de liste qui recense les principaux traits qu’on retrouve fréquemment dans les liens qui se nouent par le biais du Net.

Les relations gagnent facilement en intensité :

  • puisqu’on se parle de manière plus exhaustive, plus franche, avec moins de retenue
  • puisqu’on a le sentiment d’être accepté pour ce que nous sommes réellement
  • puisqu’on définit l'image de notre interlocuteur, un peu telle qu’on la préférerait
  • puisqu’on n’est pas contraint de s’engager ni de se sentir lié par ce qu’on dit
  • puisqu’on fait la part belle à l’invention et la légèreté
Les ressentis (les bons et les moins bons) tendent à être plus intenses :
  • étant donné qu’on formule nos ressentis et nos sentiments avec moins de contraintes et de tabous
  • étant donné que les réactions de l’autre à nos sentiments ne nous sont pas directement visibles (sauf dans le cas d'échanges par webcam)
  • étant donné qu’on se représente les réponses de l’interlocuteur
  • étant donné qu’on ressent moins les obstacles pouvant être générés par les réponses de l’interlocuteur
  • étant donné qu’on crée l’autre selon nos attentes et nos appréhensions
Les confusions (constructives et destructives) sont familières :
  • dans la mesure où on réagit à des offensives qu’on s’est essentiellement représentées, ce qui donne lieu à des échanges de propos virulents
  • dans la mesure où on réagit à des émotions qu’on se crée, ce qui donne l’opportunité d’expérimenter des romances que ne confinent pas la vie réelle et les contraintes journalières
  • dans la mesure où l’interlocuteur lui-même procède a des représentations idéalisées et que ses conceptions coïncident rarement avec celles que l’on a
Il est souvent délicat de reproduire le lien dans la vie réelle :
  • pour la simple raison que la place de la fantaisie peut être moins grande
  • dans la mesure où ce qu’on se représente des deux côtés ne coincide pas avec la réalité
  • car on est naturellement plus proche dans le virtuel qu’on n’osera jamais l’être en réalité
  • puisque tous nos points faibles sont remis en cause (notamment ceux qui touchent à notre physique)
...Et on en arrive dans la majorité des cas à souhaiter se voir en face à face :
  • car on expérimente une affection véritable et grande qu’on souhaite poursuivre et développer
  • car on ressent le désir de s’engager plus dans ce que l’on expérimente et ce que l’on formule dans le contexte virtuel